26 mai, 2022
Depuis 2009, Marie Wright est familière avec le curling en fauteuil roulant en Saskatchewan.
Mais la résidente de Moose Jaw et native d’Oxbow a reçu sa première introduction officielle au jeu mixte double après avoir participé au Championnat mondial de curling mixte double en fauteuil roulant de Lohja, en Finlande, en 2022.
Le premier championnat mondial mixte double a été lancé comme précurseur des Jeux paralympiques de 2026, où le sport devrait faire ses débuts, suivant l’exemple des Jeux olympiques où la variante de curling a fait ses débuts en 2018.
Cette annonce a été tout ce qu’il a fallu à Wright pour proposer à son entraîneur d’équipe nationale la possibilité qu’elle fasse la transition vers la variante mixte double, ce qui a permis de préparer le terrain pour ce voyage en Finlande.
Bien que Wright et son partenaire d’Équipe Canada Jamie Anseeuw aient terminé la compétition avec un record de 3-5 et aient raté de justesse les séries éliminatoires, il y avait beaucoup de points positifs à retenir du tournoi, alors qu’ils y ont participé ensemble pour la première fois.
« C’était une expérience d’apprentissage et même si la fin n’était pas ce que nous pensions qu’elle serait, nous avons eu l’impression d’y être presque. On avait l’impression d’être à seulement deux lancés ici et là de la septième place à la deuxième place. Je pense que nous en avons appris beaucoup, et je pense que cela va certainement aider à aller de l’avant », a déclaré Wright.
Avant les épreuves mondiales, la seule occasion pour Wright de compétitionner en double mixte était dans une ligue mixte de curling double à la maison, à Moose Jaw. Avec son expérience maintenant acquise, Wright rentre au pays avec d’importants points à retenir en termes de ce dont l’équipe a besoin de travailler, ainsi qu’une meilleure compréhension des différences de jeu entre le fauteuil roulant et les variations sans handicap.
« Le principal enjeu dans la compétition en fauteuil roulant est le premier lancer du jeu et je crois qu’il est impossible de réaliser l’importance qu’occupe le premier lancer jusqu’à ce que vous soyez dans la situation et que vous la viviez. Parce qu’une fois que vous avez fait le premier lancer, en étroite position avec un fauteuil roulant, il n’y a pas autant de prises pour essayer d’ouvrir la voie afin que vous puissiez lancer de nouveau dans cette direction », a déclaré Wright.
Bien qu’il s’agisse de la première participation de Wright sur la scène mondiale en double mixte, cette femme de Moose Jaw n’a certainement pas revêtu la feuille d’érable pour la première fois. Wright a été à la tête de l’équipe gagnante de la médaille de bronze aux Jeux paralympiques de 2018 à PyeongChang, où le Canada a remporté sa quatrième médaille consécutive avec une victoire de 5-3 par contre à la Corée du Sud.
Cette médaille de bronze est une médaille qui lui tient à cœur. Elle admet qu’elle la contemple « assez souvent » et, pendant les Jeux paralympiques de 2022, elle a visité des écoles à Moose Jaw avec la médaille, incluant celle que fréquentent ses petits-enfants.
« Ils trouvent vraiment génial que leur grand-mère ait une médaille et qu’ils aient la chance d’avoir une grand-mère comme ça », a admis Wright.
La personnalité joyeuse de Wright l’aide à attirer plus d’adeptes à Moose Jaw; sa fille Kyla a dit à la blague, lors d’une entrevue de 2018 avec Devin Heroux de CBC, que lorsque les deux femmes vont magasiner ensemble, elles doivent arrêter « 85 fois pour parler aux gens ».
« C’est vraiment génial. En fait, c’est drôle que ma fille me dise cela, parce qu’il y a des moments où je vais sortir et qu’une personne me posera des questions sur mon curling que je ne sais même pas, alors c’est vraiment génial que ça se produise », dit Wright.
Une partie de ce qui rend son parcours encore plus impressionnant est qu’il y a moins de 10 ans entre l’introduction de Wright au sport du curling et sa représentation du Canada aux Jeux paralympiques. Elle a eu la piqûre après avoir été initiée au curling par Lorraine Arguin, amie et entraîneuse de curling, qui voulait que la Saskatchewanaise participe à des compétitions nationales en fauteuil roulant en 2009.
Trois ans plus tard, Wright et l’équipe de la Saskatchewan ont remporté une médaille d’or aux épreuves nationales, ce qui l’a valu une invitation au camp d’Équipe Canada. C’est à ce moment qu’elle s’est rendu compte qu’elle était presque du calibre des membres de l’équipe nationale et que la participation aux Jeux paralympiques était à portée de main.
« Je n’aurais jamais pu imaginer cela il y a 15 ans. Ce n’est qu’un sport que j’ai pratiqué parce que j’ai vraiment aimé ça la toute première fois que je suis montée sur la glace. Voir comment ça s’est développé et comment j’ai grandi dans ce sport, c’est assez génial », a déclaré Wright.
En plus de tout cela, la possibilité de représenter le Canada sur l’une des plus grandes scènes du sport est quelque chose que Wright ne tient pas pour acquis.
« Je ne crois pas que vous le réalisez, avant d’y arriver et de porter la feuille d’érable sur votre dos, et de voir tous les autres participants portant le drapeau de leur pays ou les emblèmes de leur pays sur leur dos. Vous vous rendez alors compte que vous avez tout le Canada, à la maison, en train de vous encourager, et c’est un sentiment tellement enivrant. »
Wright décrit son succès à PyeongChang comme l’un des plus hauts sommets de sa vie. Non seulement a-t-elle réussi à monter sur le podium avec une médaille autour de son cou, mais en plus, elle a pu faire l’expérience des Jeux avec deux de ses filles à ses côtés. Elles sont d’ailleurs déjà en train de prévoir un autre voyage potentiel pour encourager leur mère en 2026.
« Mes filles ont déjà dit “tu sais, maman, si tu peux aller en Italie, nous viendrions aussi parce que l’Italie semble un endroit vraiment plaisant où aller” », a plaisanté Wright.
Mais ne vous y trompez pas, les Jeux paralympiques sont l’endroit où Wright veut être quand 2026 arrivera.
« Il s’agit de mon objectif à long terme. Je ne sais pas trop ce qui va arriver ni à quoi ressemblera le programme, mais c’est mon objectif. J’adorerais pouvoir aller à Milan. »